Tricoter des chaussettes


Tricoter des chaussettes, ça a plein d’avantages !

Déjà, ça tient les pieds délicieusement au chaud, de façon super confortable.

Ca ne me gratte pas, mais cela crée des sensation de douceur et de moelleux sous la plante des pieds. Certaines laines sont plus douces que d’autres, il y a  des variantes dans le ressenti physique. 

D’autre part, c’est un projet peu coûteux. Certes, la laine est onéreuse et vu le temps que je passe sur chaque tricot, je préfère acheter une bonne laine (pas de l’acrylique, donc). Mais il suffit d’un écheveau pour faire une paire. Par rapport à un gilet où il va en falloir entre 6 et 8, le budget de départ est largement moindre ! Je ne suis pas très douée en tricot, je préfère ne pas trop investir dans une pièce et me stresser du résultat.

En plus, c’est un petit projet facile à emporter partout à tricoter en voiture (sauf au volant, bien sût), en voyage, sur le canapé, …  On y pratique plein de techniques de tricot différentes, c’est une très bonne école : côtes, jersey, torsades, augmentations et diminutions, … Et même si les points ne sont pas parfaits, c’est une zone nettement moins visible qu’un col de cardigan, donc l’idéal pour se faire la main. 

Enfin, ça fait un excellent cadeau ! Il n’y a pas autant de problèmes d’ajustements que pour un vêtement, qu’il soit cousu ou tricoté. C’est quelque chose de peu fréquent, et c’est un moment de relaxation passé à préparer le cadeau en pensant à celui qui le recevra. Des chaussettes tricotées avec amour, c’est un chouette cadeau 🙂

J’ai débuté par des patrons gratuits, dont voici les résultats

Chaussettes de la schtroumpfette

Ma première paire, ma première incursion dans le tricot de chaussettes et un de mes premiers tricots tout court. Des kilomètres de jersey !!

Sur un modèle du regretté InTheLoop, un excellent site collectif de présentation du tricot aujourd’hui disparu. Le titre est « les chaussettes de la schtroumpfette ». 

Heureusement, on le trouve toujours sur le site de sa créatrice : dont le blog reprend plein d’articles explicatifs sur le tricot. Très intéressant !

Ce que j’aime sur ce patron :

  • L’explication des orteils anatomiques. Au résultat, on a deux chaussettes différentes et symétriques, une droite et une gauche. Cela épouse d’autant mieux la forme de l’extrémité du pied. c’est formidable, j’ai retenu et importé l’idée sur d’autres modèles !
  • Sa simplicité, avec une décoration impressionnante en torsade, mais une fois qu’on a tenté c’est finalement très accessible.

Bref, un excellent patron pour débuter. Merci à Elise ! C’est avec ce modèle que j’ai découvert le tricot en magic loop.

Je l’ai tricoté en laine Heritage Silk de couleur gris clair : 85 % mérino, 15 % soie. C’est un bonheur de douceur, trèèèès facile à tricoter, elle marque bien les points de décoration. 

Seul défaut : la soie la rend douce et brillante, mais aussi plus fragile. Pour des chaussettes, cela signifie une usure plus rapide. Je les ai pas mal portées, elle ont feutré et un trou s’est formé (j’ai encore beaucoup de progrès à faire sur le reprisage). Mais je continue à les porter et à les chérir. Trop bien dedans !!

Chaussettes By The Seine River

Seconde paire, suite des apprentissages. J’ai choisi un patron gratuit là encore, By The Seine River. 

Je l’ai choisi parce qu’il était en français. J’arrive à suivre des instructions de tricot en anglais, mais pour ma première dentelle, j’ai voulu jouer la sécurité. D’autant qu’il y a plein de points techniques sur cette chaussette (mailles endroit normales et torses, faire des jetés, …). 

Ce que j’aime sur ce patron :

  • Le talon renforcé, à retenir pour d’autres chaussettes
  • Le mollet en côtes large, ce qui assure une extensibilité plus importante. 
  • Le point de dentelle, impressionnant et là encore plus facile qu’il n’y parait. Daut juste se lancer en suivant pas à pas les instructions. 

J’ai utilisé une laine KUNSTGARN bleue. Son nom imprononçable signe une laine du nord : elle vient du Danemark, et sa teinture en dégradé lui crée un effet rayures.  

J’ai retenu la leçon précédente : j’ai choisi une laine à chaussette qui contienne une part de nylon pour assurer une meilleure résistance dans le temps. Elle est donc 75% laine superwash et 25% nylon.

En théorie, elle passe à la machine. Mais je lave toutes mes chaussettes en laine à la main : j’y ai passé trop de temps et je les apprécie trop pour risquer un mauvais tour dans la machine. Heureusement, la laine est une matière qui ne retient ni l’humidité ni les odeurs, donc je n’ai pas à les laver tous les jours (sauf si je vais faire une randonnée avec, bien sûr). 

Cette laine m’a créé quelques déceptions, surtout parce que mon choix laine / patron n’était pas idéal. La Kunstgarn est légèrement poilue, ce qui n’en fait pas un modèle adapté à la dentelle : il est plus difficile de suivre les points et le motif ressort moins bien. En outre, en cas d’erreur, le détricotage est très ardu. Enfin, sa couleur changeante donne une impression de variété agréable durant le tricotage, mais l’effet rayures + la dentelle, c’est un peu trop. Au final, l’un contrarie l’autre. 

Je suis quand même contente de ma paire en dentelle. Cela la rend plus fines que les autres paires (agréables dans des chaussures fermées un peu serrées). Et très originales. 

Chaussettes d’Hermione

Après la dentelle, j’ai choisi un modèle super simple et très « ordinaire » : les chaussettes d’Hermione. 

Son descriptif sur Raverly : « Hermione, telle que décrite par JK Rowling dans la série Harry Potter, est une héroïne du genre intelligente avec du sens pratique. Bien qu’elle puisse être aussi élégante que les plus belles, ces chaussettes me rappellent quelque chose qu’elle pourrait porter pour s’entraîner à lancer des sort ou à la transfiguration, ou encore pour lire un manuel d’arithmancie dans la pièce commune des Gryffondor. »

Bref, un modèle passe-partout.  Encore une fois, un patron gratuit et multi-lingue dont le français.  

Ce que j’aime sur ce patron :

  • Son point donne du relief, ce qui rajoute à l’impression de moelleux et de chaleur de la laine
  • La simplicité du point, qui donne un beau résultat et a été une leçon de persévérance.

En effet, j’ai eu du mal à aller jusqu’au bout en comptant à chaque fois où mettre une maille envers parmi toutes celles endroit ! Je me suis mélangée plusieurs fois, avec du coup un motif global pas très régulier. Mais il n’y a que moi qui le voit, à moins que quelqu’un veuille venir mettre son nez sur mes pieds quand je me prélasse sur le canapé. Et de toute façon, j’ai les pieds au chaud, ça vaut bien une petite entorse à l’esthétique. 

Ces chaussettes sont restées sur mes aiguilles pendant deux ans : les chaussettes, c’est un projet qu’on peut laisser et reprendre selon les envies. A un moment, j’en avais marre de ce point, il m’a fallu une longue pause avant de décider de les finir. Mais je suis très fière d’en être venue à bout !

Elles sont tricotées du haut vers le bas, ce qui pour l’instant a ma préférence. A la fin, j’ai ajouté des orteils anatomiques, en créant un dessin de diminutions progressive selon mon pied. Pour ça :

  1. J’ai dessiné mon pied sur une feuille
  2. J’ai fait un quadrillage : en largeur par le nombre de maille dont je disposais, en hauteur le nombre de rang par cm
  3. J’ai pixelisé la forme de mon pied pour savoir de combien de mailles faire les réductions sur quel rang. 
  4. J’ai utilisé le même schéma à droite et à gauche, mais de façon symétrique. Le plus difficile est de bien penser à faire les même diminutions sur le dessous du pied que sur le dessus !

La laine est Kauni, couleur aubergine.  Par rapport aux précédentes, elle est très sèche et un peu poilue. J’ai trouvé que l’adaptation patron / laine était bonne : bien que moins poilue que la Kunstgarn, il valait probablement mieux ne pas faire de la dentelle avec. 

Vu le côté sec, je craignais qu’elle gratte au final. Mais finalement non (ou alors j’ai le pied peu sensible). Et elle semble même gagner en douceur au fil des lavages. 

Pause chaussettes faciles : les Rye de Tin Can Knit

Quand j’ai eu mon ras-le-bol des Hermione, j’ai fait quelques paires de chaussettes Rye de Tin Can Knit. 
Encore un modèle gratuit, mais en anglais cette fois.  Ca m’a permis d’appréhender un peu mieux les instructions dans la langue de Shakespeare. 

C’est un modèle simple en grosse laine. Du coup, ça se tricote vite et facilement, en aiguilles tailles 3,75. Alors que les chaussettes classiques se font généralement en taille 2,5.

Ca m’a fait une bouffée d’air en accélération de tricot !

A cause de l’épaisseur, le résultat est plus difficile à porter dans des chaussures, mais ça fait un super cadeau pour les soirées lecture au coin du feu ! Par contre, je les ai offertes : je n’ai pas gardé de photo (oups). 

J’ai utilisé de la laine RIOS de Malabrigo : 100 % mérino, superwash (passe à la machine, indispensable pour les cadeaux). 

J’adore cette laine ! Ses nuances de couleur sont magnifiques, elle est facile à tricoter et d’une douceur fabuleuse. En prime, elle n’est pas très chère. Un écheveau suffit pour une petite paire de Rye ; il en faut un peu plus pour les grandes tailles. Avec le reste du deuxième écheveau, je me suis tricoté des moufles qui ne me quittent plus en hiver. 

Chaussettes Kalajoki

Après avoir fini les chaussettes Hermione, ma pelote de laine Kauni était encore conséquente. Je l’ai pesé et j’ai eu la surprise de voir qu’il m’en restait une grosse moitié, donc de quoi faire une autre paire de chaussettes. J’en avais eu marre en cours des Hermione, j’ai hésité à repartir dans la même laine et la même couleur. 

Surtout, ma vitesse d’escargot au tricot me faisait craindre une autre panne en cours de route. J’ai investi dans un cours craftsy sur le tricot dit « continental » c’est-à-dire avec le fil à main gauche. Pour moi qui lâchais presque mon aiguille de droite à chaque fois que je passais le fil, regarder et imiter ces images m’a permis un grand progrès. 

Je me suis donc lancée dans une nouvelle paire de chaussettes comme exercice d’application. En effet, à l’aiguille 2,5, il en faut des mailles, il y a la place de s’entraîner !

J’ai retenu un nouveau patron gratuit : les chaussettes Kalajoki, du nom d’une rivière qui serpente à travers la Finlande. 

Ce patron avait ce que j’aime :

  • se tricote de haut en bas, 
  • un talon « à la française » avec un gousset et des orteils anatomiques ; 
  • une traduction en français d’Elise Dupont, qui a créé le modèle des chaussettes de la schtroumpfette : je me sentais à l’aise ;
  • un motif qui ajoute une touche de variété dans les points. 

Et tout s’est bien déroulé. Je me suis amusée avec cette rivière qui, à chaque tour de tricot, ajoute un peu de fantaisie au tricot. Au bout d’un moment, j’ai arrêté de compter précisément le nombre de rang pour la faire partir un coup à droite puis à gauche, j’ai fait au pif avec l’idée de lui donner un cours sinueux un peu plus naturel. Et de ne pas trop me prendre la tête avec les décomptes à reprendre à chaque fois que je m’interrompais quelques jours ou semaines (je n’ai aucune régularité dans mes envies de tricoter). 

Je suis tout à fait contente du résultat qui est tombé de mes aiguilles il y quelques semaines, pile pour le début de la saison froide.  J’ai donc tricoté deux paires de chaussettes en laine Kauni pour moins de 10 euros de matière première…. Mais bien des heures de pratique des aiguilles.


PS : tous mes liens de laine pointent sur Laine et Tricot. Je ne suis pas sponsorisée, c’est juste un site que j’apprécie pour la diversité du choix, sur des laines de qualité proposées à un prix raisonnable. 

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