Brassière pour jeune fille


Il était une fois une très jeune demoiselle à l’orée de ses années en fleur. La transformation du bourgeon en bouton de rose eu pour premier effet les modifications de son corps. Bien que ce fut prévisible et prévu, voir ses seins gagner en volume l’étonnait sans cesse. Mais bien pire fut de les sentir bouger lorsqu’elle courrait ou sautillait.

Que faire ? Cesser de bouger et se conduire comme une image ? La demoiselle, fort discrète et aimable, en était déjà bien proche. Et renoncer à grimper aux arbres ou courir avec ses copains était inadmissible. Elle tenta donc l’usage des anciennes brassières, devenues trop petites, de sa grande soeur.

Hélas, trois fois hélas, les deux demoiselles n’étaient pas du même gabarit. Bien plus menue, la plus jeune nageait dans les brassières de sa soeur, qui lui faisaient plutôt un caraco qu’un soutien-gorge.

Elle appela donc à la rescousse fée – maman, avec une commande : « je voudrais des brassières, maman, qui me tiennent bien les seins. »

Patron et premier essai

C’est ainsi que j’ai ressorti un patron que j’avais déjà utilisé pour sa soeur aînée : la brassière Jalie 2563. Mais cette fois, il m’a fallu utiliser le caractère multi-tailles. J’ai fait un mix de la taille L en longueur et de la taille I en largeur (menue à ce point, manifestement, de ce côté-là elle tient plus de son père que de moi).

La demoiselle se passionnant de couture à mes côtés, elle a assemblée le pdf elle-même (yes, je déteste ça !) et l’a découpé selon la ligne que j’avais surlignée. Elle a choisi le tissu et les élastiques. J’ai cousu à la surjeteuse, elle a posé les élastiques elle-même. Je suis fière de mon apprentie ! 🙂

Brassière pour jeune fille - patron Jalie

Premier résultat validé : il est parfaitement à sa taille.

Premier résultat invalidé : en jersey souple, même doublé, il n’offre pas assez de maintien. Ca va pour tenir chaud le week-end sous le pyjama sur le canapé, mais pas du tout pour aller sauter dehors. Malgré son très jeune âge et la petite taille des seins, mademoiselle veut du soutien, du vrai.

Qu’à cela ne tienne, pour les sous-vêtements comme pour les autres coutures, le premier jet demande généralement des adaptations. Ici ce sera dans les matières et non sur le patron.

Renforcer au powernet

J’ai donc recommencé, mais cette fois c’est moi qui ai choisi le tissu. En l’occurrence une chute de jersey de Lillestoff, qualité Oekotex. Du jersey de coton avec un peu d’élasthanne, pas trop épais mais avec un bon retour en forme après étirement.

Et puisque cette brassière assure du soutien uniquement du fait de la compression des seins, j’ai renforcée celle-ci en doublant tout le tour de la poitrine avec du powernet.

Powernet

Pour ceux qui se demandent, c’est le tissu idéal pour les dos de soutien-gorge, une sorte de grille ajourée à très fort taux d’élasthanne, ce qui assure à la fois de l’élasticité et de la fermeté. J’ai choisi du powernet « moyen » en terme de fermeté.

J’ai mis le powernet entre deux épaisseurs de jersey de coton sur l’avant (histoire d’éviter que la grille du powernet gratouille des petits seins très sensibles). Par contre, le dos est composé uniquement d’un jersey + un powernet. Ainsi, le powernet fait tout le tour de la poitrine. le jersey assure un effet décoratif en plus de sa propre élasticité.

Montage épaisseurs brassière

Ca en fait des épaisseurs ! J’ai géré les couture de façon à prendre les surplus entre les différentes couches. Ainsi, les couture sont invisibles à l’intérieur.

Les finitions

Pour les finitions, j’ai un peu simplifié. Après avoir vu comment tombe le modèle sur la miss, j’ai évalué que les élastiques autour des bretelles n’apportaient rien. Donc je me suis contenté d’un petit ourlet au col et au tour des emmanchures, cousu à la recouvreuse. Plus rapide et économique que les élastiques, et avec l’élasticité du jersey en double épaisseur, tout aussi efficace.

Couture bretelle brassière

Pour le tour de dessous de poitrine, point capital pour le résultat fini, j’ai choisi un bel élastique assorti, un peu brillant, de 15 mm large. Et je l’ai posé de façon à ce qu’il dépasse un peu du tissu, dans un choix esthétique :

Elastique de la brassière

L’ensemble

J’ai cousu deux brassières identiques (il faut bien pouvoir en changer). Et dans les chutes, il me restait de quoi faire une culotte et un boxer, sur un patron Ottobre 2016 n°6. C’est un numéro très utile du journal, qui contient 4 modèle de sous-vêtements, deux pour fille et deux pour garçon, avec des tailles de 92 cm à 170 cm : de quoi les fournir sur toute leur croissance. Un bon investissement !

Patron Ottobre

J’ai monté le tout selon mon habitude avec un gousset à coutures invisibles :

Le reste de chute étant très limité, j’ai dû couper le devant du boxer en deux pièces et les coudre sans pouvoir travailler les raccords.

Ce fut tout juste, mais ça donne un ensemble brassière + boxer et un brassière + culotte taille haute :

Ensemble brassière et culotte pour jeune fille

Comme sa grande soeur, cette jeune fille réclame désormais des dessous cousus maison. Pas de doute : quand on a goûté au confort du sur-mesure, on y reste ! 🙂

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