Débuter la couture de soutien-gorge


De plus en plus de couturières (et peut-être de couturiers discrets) se lancent dans la couture de dessous, et de cette pièce impressionnante qu’est le soutien-gorge. En parallèle, les créateurs ont lancé de nouveaux patrons. Il était temps pour moi d’actualiser un peu les références.

Est-ce que je peux coudre un soutien-gorge ?

Que faut-il a minima pour commencer la couture de soutien-gorge ? On peut le faire à la main, le livre Coudre sa lingerie donne pas mal d’élément sur cette couture classique, mais je conseille quand même la couture machine !!

Une machine à coudre

Un modèle assez simple suffit : point droit, point zigzag et idéalement zigzag trois points suffisent largement pour un soutien-gorge.

Dans l’idéal : un point renforcé (zigzag renforcé) pour les attaches dorsales. Et l’option « aiguille basse » est formidable pour s’arrêter le temps de repositionner le tissu sans déplacer le point en cours. Enfin, depuis que j’ai découvert le pied avec guide central pour surpiqure, je m’en sers beaucoup, surtout pour surpiquer les surplus de couture :

On peut commencer sans ces options. En revanche, il vaut mieux être familiarisé avec sa machine : on coud avec des marges étroites (6mm souvent). Les petites pièces en courbe demandent un peu de pratique.

La surjeteuse

Ben non. La surjeteuse n’est pas nécessaire pour les soutien-gorge. En fait, je ne m’en sers jamais pour ça. Pour les culottes, éventuellement, mais pas pour les hauts.

Petit matériel

Du très classique : des ciseaux, de quoi marquer les repères (le feutre effaçable à l’eau a ma préférence).

Un truc super, ce sont les ciseaux à appliqué, ceux avec un bec pour recouper les surplus sans entailler le tissu. On peut tout à fait faire sans, mais une fois essayés, on les garde :

Bref, côté matériel, à part la machine à coudre, rien d’original.

Quel patron pour débuter ?

Le critère principal pour choisir son patron, c’est la taille de poitrine, ce qui sous-entend un soutien léger ou élevé. Evidemment, si vous avez une forte poitrine qui se soutient elle-même, vous pouvez porter un soutien-gorge purement décoratif (ou pas du tout) et profiter de votre chance. Pour ma part, mon 105 F ne me permet pas toutes les fantaisies…

D’autre part, la particularité de la couture de soutien-gorge est l’ajustement du patron. Comme en couture vêtement, il ne faut pas imaginer que le patron va tomber pile poil nickel du premier coup. Or pour faire une toile, il faut entièrement monter le soutien-gorge, et ce n’est qu’ensuite qu’on peut constater s’il va bien.

Sinon, l’ajustement sur cette pièce est une question de millimètres bien situés, qui demandent de tout reprendre de zéro à partir du patron : cette phase peut être décourageante. En être conscient dès le début est préférable.

Débuter avec un soutien léger

Déjà, si le soutien n’est pas une priorité, l’offre est plus large. Pour les francophones, je conseille d’entrée de jeu Bijou d’étoffe malicieuse :

Il est résolument dessiné et conçu pour les débutants, avec un effet « waouh » qui vous récompensera d’avoir tenté. Attention : bien décolleté, à assumer.

Une autre hypothèse, à réserver aux francophones : le modèle Watson de Cloth Habit. Plus particulier, il est entièrement en tissu extensible, d’où un soutien modéré. Mais cela le rend plus facile car les ajustements sont mineurs.

Enfin, pour des soutien-gorge légers avec un peu de fantaisie, la gamme d’Eclipse est à explorer. Tout en français !

Débuter avec un soutien élevé

J’assume mes préférences : j’ai un faible pour la gamme de Pin Up, notamment les modèles Classic et Shelley. Je les ai cousus et transformés de multiples fois. Ils existent en multiples tailles, et sont fournis avec des explications en anglais ET en français, simples et accessibles.

Seul inconvénient : l’accessibilité à l’achat. Ces modèles n’existent qu’en version papier. Ils peuvent être achetés sur ETSY ou B-WEAR, avec des frais de port non négligeables.

Dans un design assez proche, tout en français et près de chez nous, je recommande donc le Diamant, également d’étoffe malicieuse. En pdf, bien conçu et moins cher.

Autre option pour débuter avec un bon soutien : le modèle Ingrid. Il appartient à la gamme Pin Up, donc le même problème d’accessibilité à l’achat. En outre, les explications sont uniquement en anglais, avec schéma. En revanche, le montage, sans armature, est très simple et le confort bien présent. Sa simplicité en fait un bon compromis pour débutant, si l’anglais ne vous rebute pas :

Quelle mercerie pour débuter ?

Le point impressionnant pour un débutant est la diversité des articles de mercerie qu’il va falloir pour coudre un soutien-gorge. Rien que pur les élastiques, les tailles et modèles sont divers, et les quantités vont varier selon la forme du modèle : je vous renvoie à cet article sur les élastiques.

Sur un modèle classique (le classic, le shelley ou le diamant), il va falloir :

  • une attache dorsale, souvent à œil et crochets.
  • des anneaux et glisseurs si vous voulez faire des bretelles réglables.
  • de la gaine à armature (nécessaire pour beaucoup de modèle, même si vous n’y placez par d’armatures).
  • le cas échéant : des armatures.
  • de l’élastique à bretelles (il s’étire peu).
  • de l’élastique pour le tour de buste : très important pour le soutien, de 10 à 18 mm de large.
  • de l’élastique pour le haut du soutien-gorge : plus souple, toute fantaisie est permise.
  • du powernet : un tissu élastique résistant et qui revient en forme, pour la bande dos ; il en existe plusieurs densité (léger, moyen, lourd) ; il est possible d’utiliser du léger, plus facile à trouver, en deux épaisseur pour avoir une densité de l’ordre du moyen.
  • de la doublure : selon le tissu que vous utilisez (la doublure est indispensable sous la plupart des dentelles) ; pour débuter, on peut coudre un soutien-gorge en satin de coton, matière facile qui se passe de doublure
  • un tissu adapté pour les bonnets et le devant: la dentelle est magnifique, mais pas le plus facile pour débuter. Je préconise plutôt un tissu stable (sauf indication contraire du patron, tel que le Watson) : ma préférence va au satin de coton. Pour un premier, un morceau de drap peut aussi très bien faire l’affaire. Vous passerez à la soie ou la dentelle après ajustement du patron !!

J’ai écrit en 2016 un article sur les achats pour la couture de soutien-gorge. Si je trouve le courage, j’actualiserai mes avis sur les boutiques, néanmoins les principales qui y sont citées restent pertinentes.

Il est également possible de chercher des kits avec tout le nécessaire pour coudre un soutien-gorge. J’en propose moi-même en boutique, dont un conçu pour les débutants, avec un peu de tout pour se familiariser avec cette mercerie.

Vous trouverez également de très jolis kits chez Etofe malicieuse à cette adresse.

Comment coudre un soutien-gorge ?

Pour visualiser les différentes étapes, je vous invite à lire cette série d’articles.

Bonne couture, bonne découverte de la lingerie maison !!

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *